Les 3 clés essentielles des valeurs universelles et humaines

Dans plus de 150 pays, les mêmes principes fondamentaux sont reconnus comme moteurs du vivre-ensemble, quelles que soient les différences culturelles ou religieuses. Pourtant, dans certaines sociétés, des pratiques considérées comme universelles ailleurs se heurtent à des traditions locales, créant des tensions inattendues.Des études récentes montrent que l’alignement entre les convictions personnelles et les actions quotidiennes influence directement le bien-être individuel. Même dans les environnements les plus divers, trois repères essentiels reviennent systématiquement comme piliers de l’épanouissement collectif et personnel.

Les valeurs humaines, c’est quoi au juste ?

Parler de valeurs humaines, ce n’est pas empiler de jolies notions sur une étagère mentale. Ces repères s’enracinent dans l’histoire, traversent les cultures, forgent la manière dont chaque communauté s’organise et s’exprime. La notion de valeur prend tout son poids quand elle façonne nos choix au quotidien, influence nos actes, inspire nos priorités, qu’on parle d’un individu, d’un groupe ou d’une société entière. Les chercheurs en philosophie et en psychologie sociale convergent sur un point : ces principes tiennent lieu de charpente, soudent les individus, influencent le regard qu’on pose sur ce qui est juste, possible, désirable.

Le modèle de Schwartz, construit par Shalom H. Schwartz, offre une boussole pour comprendre les valeurs universelles. D’abord articulé autour de dix grandes familles, il s’est étoffé au fil des recherches pour en compter dix-neuf aujourd’hui. Pour se repérer, voici un aperçu de ces principaux axes :

Ce panorama met en lumière les axes majeurs qui structurent la plupart des sociétés :

  • pouvoir
  • sécurité
  • hédonisme
  • conformité
  • tradition
  • universalisme
  • bienveillance
  • autonomie
  • stimulation
  • réalisation de soi

Selon leur histoire, leur contexte ou leur sensibilité, chaque société et chaque personne ordonnent différemment cette liste de valeurs. Le modèle Schwartz permet de comprendre les logiques à l’œuvre : certaines valeurs s’attirent, d’autres se heurtent, certaines dominent, d’autres restent en retrait. On distingue aussi celles qui orientent l’action (instrumentales) de celles qui incarnent un but à atteindre (terminales).

Les valeurs fondamentales jouent le rôle de boussole collective : elles traversent les frontières mais prennent des visages différents selon les endroits. Les reconnaître et saisir leur place, c’est gagner en clarté pour agir, structurer ses choix, renforcer la cohésion ou insuffler de l’énergie à un collectif.

Pourquoi nos valeurs personnelles comptent autant dans nos choix de vie

À chaque carrefour, ce sont nos valeurs personnelles qui dessinent la trajectoire. Elles irriguent l’engagement, structurent la motivation, forgent cette cohérence personnelle qui distingue les décisions assumées des automatismes. Pour certains, la justice ou l’autonomie occupent le sommet ; pour d’autres, la famille ou la sécurité passent en premier. Cette hiérarchie, souvent implicite, se construit à travers l’éducation, la culture, la religion ou les expériences qui marquent une existence.

La psychologie l’a démontré : les valeurs orientent la prise de décision. Quand nos choix collent à nos convictions, la motivation tient bon, le sens s’installe. Mais dès qu’un écart se creuse entre ce que l’on croit et ce que l’on fait, l’inconfort pointe, le stress s’installe, la lassitude s’invite. Le conflit de valeurs s’invite partout : au travail, à la maison, dans la sphère amicale. Il oblige parfois à trancher, à renoncer, à bifurquer.

Dans un même groupe, les différences de systèmes de valeurs génèrent des incompréhensions, des heurts. L’événement en lui-même devient secondaire : c’est la grille de valeurs qui détermine la réaction. Apprendre à connaître son propre classement, mais aussi celui des autres, affine l’intelligence émotionnelle. On devine les désaccords, on négocie avec plus de finesse, on collabore sans sacrifier ses principes.

Motivation, identité, sens : tout ce qui structure nos grandes orientations en dépend. Avancer sans identifier ses valeurs, c’est évoluer à l’aveugle. Les reconnaître, c’est miser sur la lucidité et la cohérence.

Trois clés essentielles pour comprendre et vivre ses valeurs au quotidien

Repérer ce qui compte vraiment, c’est la première étape. Les outils de coaching et les ressources issues de la psychologie positive se sont multipliés : la roue des valeurs, la pyramide des valeurs, autant d’approches pour hiérarchiser, clarifier, questionner ses propres repères. La roue des valeurs, par exemple, confronte nos désirs et nos actes pour éviter de glisser en mode automatique.

Trois démarches concrètes permettent d’intégrer ses valeurs dans la vie de tous les jours :

  • Clarification : la démarche ACT, la logothérapie ou encore les travaux de Joran Farnier à l’Institut de Psychologie Positive Appliquée invitent à se poser franchement : qu’est-ce qui me fait vibrer, qu’est-ce qui mérite mon énergie ? Cette étape, loin d’être théorique, relance l’engagement, la motivation, au bureau comme à la maison.
  • Alignement : la vie réelle, avec ses dilemmes et ses contraintes, impose des ajustements permanents. Les conflits de valeurs surgissent dans les organisations : il faut alors expliquer ses choix, argumenter, parfois arbitrer. Lors d’un recrutement, dans la gestion d’une équipe, prendre en compte la hiérarchie des valeurs façonne la performance collective, la confiance, la loyauté.
  • Nourrir : vivre au diapason de ses valeurs, c’est entretenir tous les jours la motivation et l’épanouissement. Vanessa Remignon, spécialiste de la reconversion professionnelle, suggère de vérifier régulièrement le lien entre son métier et son système de valeurs. Un suivi régulier évite la perte de sens et maintient la dynamique.

Mettre en œuvre les valeurs universelles, justice, bienveillance, autonomie, engagement pour l’égalité, dans chaque choix ou interaction, c’est incarner une cohérence, une sincérité qui rejaillit sur ses proches comme sur ses collègues.

Et toi, quelles sont les valeurs qui te ressemblent vraiment ?

Derrière chaque choix, chaque prise de position, s’exprime un système de valeurs singulier. Pour certains, la justice et l’égalité guident le cap ; d’autres puisent leur énergie dans la créativité, la liberté ou la solidarité. Impossible de fixer un ordre unique : chacun affine, ajuste, réinvente son système au fil du temps, selon l’éducation, les rencontres, les épreuves.

Le modèle de Schwartz propose une cartographie. Il distingue dix valeurs universelles : pouvoir, sécurité, hédonisme, conformité, tradition, universalisme, bienveillance, autonomie, stimulation, réalisation de soi. Cette structure, enrichie au fil des recherches, met en lumière la diversité des aspirations et invite à réfléchir aux tensions ou aux complicités entre elles.

Pour illustrer la variété des valeurs, quelques exemples concrets :

  • Bienveillance et partage : moteurs de l’engagement dans l’action sociale, associative ou citoyenne.
  • Autonomie et créativité : leviers pour entreprendre, innover, construire un parcours sur-mesure.
  • Respect, tradition, spiritualité : repères pour transmettre, préserver une culture, s’ancrer dans une histoire collective ou familiale.

Chaque valeur, qu’elle oriente l’action ou fixe un but, influence nos ressentis, guide nos décisions, façonne nos comportements. Questionner ses priorités, mener un dialogue sincère avec soi-même, c’est cultiver la cohérence. Explorer ses valeurs, c’est aussi ouvrir la porte à la compréhension de l’autre, fluidifier la vie en groupe, ajuster son cap lorsqu’un conflit de valeurs se présente.

Dans cette quête, il y a un espace de liberté à saisir. Les valeurs évoluent, s’affinent, se réajustent : elles racontent notre histoire en mouvement. Savoir les apprivoiser, c’est s’assurer que demain ne sera pas une simple répétition d’hier, mais une construction fidèle à soi et aux autres.

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